LES GRENOUILLES DU BAÏKAL
à 17h25

Du 7 au 30 juillet – Relâches les 12, 19 et 26 – Salle 1
Théâtre Contemporain  / Durée : 1h30 / Plein Tarif: 24€ / Tarif OFF: 17€

CRÉATION 2022

ACHETER DES PLACES

Dans un futur dystopique, Sacha et Grisha vont se percuter, s’enchevêtrer et s’aimer d’un amour inconditionnel.

Mais aussi vrai que le blizzard bouleverse le relief des steppes iakoutes, Sacha a une mémoire défaillante.
Pour la guérir, Grisha fait le pari fou de l’embarquer dans un périple jusqu’au lac Baïkal : on y aurait aperçu de ces rares et précieuses grenouilles, communément appelées « les Immortelles », la dernière espèce animale en vie.

Découvrez la première mise en scène d’Aïda Asgharzadeh, l’autrice des succès « Les Poupées persanes », « La Main de Leïla », « Le Dernier Cèdre du Liban », « Les Vibrants »…


Une pièce de Raphaële Volkoff
Mise en scène d’Aïda Asgharzadeh
Avec : Benoît Chauvin, Thomas Drelon, Amélie Manet, Raphaële Volkoff

Musique : Manuel Peskine / Scénographie et costumes : Sarah Bazennerye / Lumières : François Leneveu / Traduction : Ana Neborac

Une Production Théâtre des Béliers Parisiens
Contact Tournée : Les Béliers en tournée / Camille : diffusion2@beeh.fr


Note de l’Autrice – Raphaële Volkoff
J’avais profondément envie de faire une ode aux fragiles, aux bizarres, aux dépressifs, bref à ceux qui à force d’avoir le nez en l’air, oublient de regarder où ils mettent les pieds. Sans doute parce qu’ils me ressemblent et que je connais leurs refuges.
Ils sont comme ça, Grisha et Sacha : un bègue perclus d’angoisses et une amnésique en dépression. Et les personnages gravitants autour d’eux, qu’ils soient cyniques, étouffants, maladroits ou menaçants, poussent toujours un peu plus les deux héros à se calfeutrer dans l’imagination de Grisha, là où son bégaiement s’évapore et où Sacha est en parfaite santé.
Et je n’imaginais pas meilleur décor pour faire danser tout ce petit monde que la gigantesque étendue figée et dramatique qu’est la Russie. C’est froid, ça craque sous les pas, ça étouffe les sons. Et ça bouleverse les échelles, par son immensité désertique. Le silence éternel des espaces infinis effraie, parait-il. Et bien la Sibérie, à l’instar de l’univers tout entier, est capable de créer chez moi cette même impression de vertige. Mais plutôt que d’arrêter de regarder en bas pour ne pas avoir le tournis, j’ai décidé d’y aller la tête la première et de remplir d’aventures multicolores et fantastiques, cette interminable toile blanche de givre.
Un train, un lac, des brigands, des chevaux, une sorcière, rien n’est trop grand, trop chimérique, trop fou pour habiter la scène, si la scène est la steppe.


Note de Mise en scène – Aïda Asgharzadeh
L’écriture de Raphaële est pleine d’images, de poésie, de romantisme mais dégage aussi quelque chose de très concret, parfois drôle, parfois âpre. On y trouve la naïveté du conte, mais également une réflexion préoccupante sur le monde actuel, avec des références écologiques, politiques, sociétales. Et puis il y a la notion de dépression qui plane comme le mal du siècle, et que nous connaissons un peu (malheureusement) tous, je crois.
Dans tout ce marasme pas très optimiste, il y a Sacha et Grisha. Il y a leur amour. Qui va pousser les murs de la raison et de la science pour amener de la fantaisie et de l’imaginaire.  Raconter des histoires et peut-être guérir – du moins, donner un peu d’espoir.
Et c’est ce qui m’intéresse dans le théâtre : raconter des histoires et amener de d’espoir.
D’où l’importance des images. Il est important pour moi que le plateau participe au voyage. D’inviter le spectateur à rêver en n’imposant pas un décor réaliste et fini – car on sait qu’il faut laisser de l’espace à la création mentale de qui regarde un plateau – mais en proposer un qui aide à la féérie. J’accorde une importance aux matières, aux volumes. Leur diversité créer un monde.
Avec Sarah Bazennerye, la scénographe du spectacle, nous avons souhaité accompagner le pouvoir créateur de Grisha (puisque c’est lui qui raconte cette épopée), en partant de la chambre d’hôpital où il se trouve avec Sacha. Puis pousser, transformer les éléments matériels et réalistes de la clinique, en des créations fantastiques, faites matières et d’épaisseurs différentes. Ainsi, le lit va devenir la poupe d’un bateau, les sièges en plastiques de la salle d’attente des banquettes du transsibérien, les oreillers des chambres voisines des blocs de glace ou un cheval magique…
On transite entre un monde froid, aseptisé, tenu à un monde coloré, extravagant et rythmé. Par des chansons, quelques chorégraphies, des personnages loufoques et une mise en scène qui suit tempo.
Dan les deux cas, il m’importe de toujours situé l’histoire dans le futur. Nous ne sommes pas dans un conte classique, voire traditionnel. Nous sommes en Russie, dans trente, cinquante, soixante ans. D’où le choix de matériaux récents, d’une composition musicale électro… C’est ça.
Je veux que le spectateur assiste à une représentation comme à un voyage dans le transsibérien du futur. Interrompu. Sans noir ou temps mort. Avec des enchainements fluides et à vue, comme des paysages qui défilent, profitant des arrêts du train pour entrer dans un détail, une intimité, et à la fin se demander si ces grenouilles du Baïkal ont bien existé.